Lundi 2 mars 2009
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Mon vélo, Polume me l'a acheté quand j'avais 5 ans. Un beau vélo rouge avec 2 petites roues de chaque côté à l'arrière pour pas que je tombe. J'étais très content. Elle me l'avait acheté parce que
j'avais bien travaillé avec elle et parce que je voulais apprendre à faire du vélo.
Avant, il n'y avait pas beaucoup de vélos dans le quartier. Je regardais comment faisaient les garçons de dix ans quand ils allaient et venaient sur le vélo qu'ils se prêtaient. J'aurais bien voulu
qu'ils m'apprennent, mais ils ne pensaient qu'à s'amuser et n'avaient pas de temps pour nous, les petits. Alors, on les regardait.
Ils faisaient des acrobaties avec leur vélo. Ils arrivaient à faire monter une roue en l'air. Pas très longtemps à cause du sable et des cailloux sur la route. Cette route, quand j'étais encore
tout petit, il y avait plein de sable dessus. Les voitures n'arrêtaient pas de s'ensabler. Et il fallait se mettre à plusieurs pour pousser la voiture qui dégageait alors vite, car il y avait
toujours plein d'enfants qui s'amusaient à pousser.
Sauf une fois. Il y avait un toubab qui n'était pas gentil. Les dix ans étaient en train de jouer au football à côté de la route qui avait trop de sable quand la voiture du toubab s'est ensablée.
Quelqu'un cria: 'Il ne faut pas aider celui-là. Il ne faut pas pousser.'
Polume, qui venait de sortir de la maison, a vu de loin la voiture ensablée, le toubab qui était tout seul à la voiture et les enfants qui jouaient tout à côté. Elle appelle un des garçons.
'Pourquoi n'aidez-vous pas le toubab. 'Celui-là, on ne l'aide pas. Il est méchant.' Quand elle entendit de qui il s'agissait, elle était aussi d'accord.
Il avait du mal à se servir de sa pelle. Ça devait être fatigant pour lui. Finalement, il proposa 1000 CFA si on l'aidait à sortir de là. Il donna l'argent. Tout le monde se mit à pousser. Et il
partit.
La maison n'avait pas de chance. Les deux routes qui y conduisaient avaient plein de sable. Les voitures s'y ensablaient pratiquement tout le temps. Seuls ceux qui savaient mieux conduire n'avaient
pas de problèmes. Polume conduisait une Peugeot 7 places à l'époque. Elle aimait bien passer par là en faisant de la conduite sportive. Ce n'était pas bien long. Mais sur chaque route, une centaine
de mètres d'une épaisse couche de sable, ça a piégé beaucoup de conducteurs.
Le même weekend, deux voitures qui venaient rendre visite à la maison, s'ensablèrent. Polume eut pitié des victimes du sable. Elle fit venir deux camions de latérite. Des gens du quartier sortirent
des pelles et des brouettes et la route devint praticable.
C'est sur cette route que Polume a commencé à m'apprendre à faire du vélo. Après quelque temps, elle comprit qu'elle serait seule à le faire, elle enleva donc les deux petites roues de chaque côté
pour que j'apprenne plus vite. Elle tenait ma selle, je pédalais. Elle ne pouvait pas se baisser pendant une heure parce que ça lui faisait mal au dos. Et comme je devais aussi faire des cours de
rattrapage pour l'école avec elle, il n'y avait pas beaucoup de temps pour le vélo.
Les dix ans m'empruntèrent mon vélo et firent leurs pirouettes avec. Quand les roues furent crevées, ils me le rendirent. Personne voulait / pouvait le réparer. Quand Polume revint un an plus tard,
elle vit que le vélo était à plat. Elle l'amena à la réparation. Et elle recommença à m'apprendre. Je lui demandais de remettre les roues. Elle me dit que c'était mieux d'apprendre sans les petites
roues. Elle repartit. Le vélo fut vite crevé. Personne ne le répara. Et ainsi de suite.
Presque quatre ans après son achat, le vélo est soit crevé, soit chez Abdou, le réparateur. Je ne sais toujours pas faire du vélo.