Mercredi 1 avril 2009
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Un 1er Avril qui a failli être ma fête.
Il n'y avait plus que Mohammad et moi à l'étage. Les 14 autres étudiants étaient rentrés chez leurs parents, profitant du weekend prolongé. Mohammad, sa famille est en Israel. Et moi, ma maison est
sur mon dos.
Tout le monde savait que Mohammad et moi, nous nous entendions bien. Il était le baby-sitter des 5 fois 16 étudiants de notre maison universitaire. Il s'occupait de toutes nos activités,
culturelles et autres. Un futur avocat. Très calme, très posé, un maniaque de l'ordre. Serviable. Il savait tout, il nous donnait des tas de tuyaux.
Ce 1er Avril, il avait décidé de nettoyer sa chambre à fond. Le couloir était plein de ses affaires.
– "Alors, comme ça, tu fais le grand ménage, aujourd'hui?"
– Oui.
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Profitant de ce qu'il me tourne le dos, je lui pique l'aspirateur et je le cache dans ma chambre que je ferme à clé.
– Mohammad, à tout à l'heure.
Une heure après, je reviens.
– Tu n'as pas vu l'aspirateur?
– Non, je ne l'ai pas vu.
Lui, qui programme son temps à la seconde près, il commence à s'énerver. Je vais dans ma chambre. Je prends soin de fermer à clé. Quelques secondes après, j'entends sa voix à travers la
porte:
– C'est toi qui a pris l'aspirateur. Donne-le moi.
– Puisque je te dis que je n'ai pas vu l'aspirateur.
– C'est toi. Ça ne peut être que toi. Il n'y a que nous deux ici.
Il commence à cogner fort contre ma porte "Rends-moi l'aspirateur". Il donne des coups de pied de plus en plus violents dans la porte. Sa voix monte de plusieurs crans. Il hurle maintenant. Il
est devenu complètement enragé. Des coups sont assenés contre ma pauvre porte. Je me sens en sécurité. C'est une porte allemande. Elle ne peut être que solide. Je ne tétéphone à personne
pour dire qu'un fou est en train de démolir ma chambre.
Tout d'un coup, une charnière de ma porte saute. Je vois dans l'entrebaillement un bout de tête de Mohammad, les yeux presque sortis de la tête et complètement injectés de sang. Un reste de
self-control l'empêche quand même de me tordre le cou. 'Monsieur Stinnes, Monsieur Stinnes, Mohammad a cassé ma porte!" que je crie très fort.
Monsieur Stinnes avait déjà dû se douter qu'il se passait quelque chose de pas normal au 5e étage de la maison 3 de la cité, car il était venu presque tout de suite. En voyant la porte de ma
chambre posée contre le mur, le cadre déchiquetée, il repartit chercher ses outils.
Mohammad eut besoin d'une bonne semaine pour digérer mon poisson d'Avril. En signe de réconciliation, il m'invita à aller manger: "Tu choisis le restaurant". Sur la route pour rentrer à la
maison, il me dit: "Tu as mal choisi. J'avais de l'argent sur moi. Tu aurais pu manger ailleurs que dans un restaurant pour étudiants."