Vendredi 17 avril 2009
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Cela n'a pas été si simple.
Je voulais voyager avec une compagnie belge.
Un billet d'avion bleu me donne droit à un siège en classe Sardines. Un upgrade arrivé par hasard me permet de m'asseoir en classe Affaires, la classe avec de la place pour mes belles jambes et le
beau plateau repas avec les serviettes en tissu épais. Sans compter les petites attentions. Les petits chocolats, les journaux, les boissons mais je ne bois pas d'alcool, et l'armoire pour les
vestes et manteaux.
Je fais mes bagages. 5 sacs que je pèse au pif, en soulevant et en estimant. Depuis des années je fais des bagages de 20 kg.
A l'enregistrement des bagages, 66 kg. 6 kg de trop. La tolérance de 10% que je connais depuis des années, il y en avait pas ce jour-là. J'enlève un à un les livres pour enfants tout neufs qui
étaient à l'intention d'une bibliothèque scolaire au Sénégal et les dépose sur la balance. Par hasard, tous les livres ensemble pèsent 6 kg. Je leur propose alors un échange: je m'asseois en classe
Sardines si je peux embarquer les 6 kg de livres. Ils ne veulent rien savoir.
Je m'envole.
Deux mois après, dès que l'avion atterrit en Allemagne, je vais au comptoir pour réclamer mes livres. Ils téléphonent un peu partout, pour me dire finalement, que pour des raisons de sécurité, les
livres avaient été détruits.
Ils avaient pourtant bien vu que je faisais un aller-retour puisque je le leur avais dit et qu'il fallait qu'ils me les
gardent. Je leur avais dit que les livres pour enfants étaient destinés à une école en Afrique. Partout sur les documents de leur compagnie, il y avait le sigle UNICEF. Peut-être qu'il y est
toujours. Ces livres d'enfants tout neufs étaient un don de La Librairie Française de Munich. Je pensais qu'ils allaient vraiment me les garder. Je relevais d'une très grave maladie. Il était 6h du
matin. L'avion décollait à 7h 05.
C'était avec le coeur lourd que je m'étais assise, pour la première fois de ma vie, en Business Class. Comment avait-il pu me faire ça alors que pendant des années, il y avait toujours eu cette
tolérance de 10%? Sûr et certain que j'avais une tête qui ne plaisait pas, ce jour-là. Je venais d'être très malade et j'avais mal dormi les derniers jours d'avant le départ.
Mais pour remettre les pendules à l'heure, je dois ajouter que quelques mois plus tard, un miracle se produisit sur un trajet vers l'Europe avec cette même compagnie : J'étais dans la salle
d'embarcation. Vînt le moment d'embarquer. J'entends mon nom parmi environ cinq autres noms dans les haut-parleurs. Et voilà que je me retrouve en
Business Class, s'il vous plaît, au lieu d'être assise en Classe Sardines. J'avais dû me pincer plusieurs fois. Pour une
fois, je ne rêvais pas debout. C'était un siège de Business Class. Et c'était moi qui étais assise dedans. Cet upgrade miraculeux, c'était comme un dédommagement de Première Classe pour les 6 kg
perdus.
Merci encore,
SN Brussels !