Dimanche 14 juin 2009
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19:58
Hier, j'attendais quelqu'un près de l'une des deux entrées latérales de la mairie de Mbour. Le mur de la mairie derrière moi me protégeant du soleil de midi, je guettais les voitures qui passaient.
On devait venir me prendre. C'est alors qu'un journaliste que je n'avais pas vu depuis longtemps apparaît pour me demander si j'étais du mariage.
Je regarde alors dans la cour intérieure de la mairie. En effet, il y avait des voitures dehors. Et des gens. Tout cela sent le mariage européen-sénégalais. Ces deux nouveaux époux-là seront-ils
enfin plus heureux que les autres avant eux? Auront-ils plus de chance?
J'ai vu tellement de mariages mixtes échouer si lamentablement que cela me donne la chair de poule. Avant d'avoir vu, je n'aimais pas du tout le mot mariage. Maintenant, c'est pire
qu'avant.
Une femme toubab s'était mariée avec son musicien sénégalais en présence de sept marabouts. Les sept marabouts étaient être la garantie suprême d'un amour qui ne devait jamais mourir.
Deux ans après leur mariage, le marié, une semaine après son arrivée en France, se volatilisa dans la nature. Avant de disparaître, il dit quand même à la femme : 'Tu n'as plus d'argent. Je
n'ai plus rien à faire avec toi.' Et ils ne revirent plus jamais.
Je dis mille fois à la femme de jeter toutes les affaires du mari à la poubelle et de l'extraire de sa tête. Pendant plusieurs années, elle attendit qu'il lui revienne. Elle gardait les affaires
bien précieusement. Elle devait les humer pour se le rendre plus réel. Puis elle apprit qu'il était revenu au pays en vacances, mais marié à une autre femme toubab.
Et cette autre femme toubab qui était si heureuse d'avoir rencontré enfin l'homme de ses rêves qu'elle fit tuer plusieurs boeufs, des moutons et plein de volailles. Elle invita plein de
Sénégalais à leur fête de mariage. Je ne suis pas Sénégalaise, je n'étais pas de la fête, c'est évident. Deux ans après, c'était pleurs et grincements de dents. Ce mariage n'existe plus, lui aussi.
Au moins, le jour de la fête, les invités avaient pu faire bombance.
Il faudrait que j'aille faire un tour à la mairie pour voir les annonces de mariage. Vu que Saly, la petite station balnéaire qui a fait couler beaucoup d'encre se trouve à côté, les publications
des bans doivent faire dans les 1000 km de long.
Je souhaite cependant de tout coeur qu'il y ait quand même plusieurs heureux gagnants parmi tous ces candidats stunts : Il est très doux et très plaisant de vivre avec son contraire.
Puisqu'il est question de mairie, il y a quelques années, en Allemagne, un copain africain devait se marier avec sa promise allemande. Le jour du mariage, tous les invités étaient présents, les
parents et la famille de la mariée, les amis des deux futurs. Seul le mari se faisait attendre. Tout le monde a attendu. En vain, car le marié n'avait pas daigné apparaître. La mariée se sentit
tellement humiliée et triste à la fois. Elle ne savait plus si elle devait pleurer de tristesse ou de rage. Tous les invités étaient frustrés.
Au bout d'une semaine, on mit la main sur l'ex-'futur mari' qui expliqua que son certificat de baptême n'était pas arrivé à temps. Ne cherchez pas. Vous ne comprendrez jamais le gars. Ceux qui
disent que tous les garçons d'Afrique se marient pour les papiers, eh bien, ils ne connaissent certainement pas celui dont je vous parle ici.