Lundi 26 octobre 2009
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Du bist für mich eine Blume
Die ich betrachten möchte
- ganz nah -
Eine Blume, an deren Duft ich mich
- zuweilen -
Auch berauschen möchte.
Doch ich will Dich nicht brechen
Nicht in eine Vase stellen,
Denn Du wächst
nicht
In meinem Garten.
geschrieben in Geest, Deutschland
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Ce weekend-là, presque tous les garçons de l'étage étaient rentrés dans leur famille.
Au 5ème étage de la cité universitaire, il n'y avait plus que Birgit et moi, ainsi que Ronnie, le copain de Théa, celle qui avait un visage de souris. Ronnie et Théa étaient complètement
opposés physiquement. Lui, je le mettais dans la catégorie beau gosse. Elle, dans la case des petites souris. Mais ils s'aimaient beaucoup. Et c'était ça, le principal. Elle aussi
était rentrée dans sa famille. Ronnie, qui logeait dans les 9 m2 de Théa était parti en vadrouille, nous laissant seules, Birgit et moi.
'Qu'est-ce que nous allons faire maintenant? Ah, j'ai une idée. Nous allons nous chercher des maris.' Le journal se trouvait sur la table. Et dans les petites annonces, section Rencontres
et Amitiés, il y avait nos maris beaux, riches, gentils, instruits et propres qui nous attendaient. Tous avaient des sociétés, une grosse Mercédès, un charme fou, et des plaques de
chocolat. Ils savaient faire la cuisine et le ménage, étaient prêts à nous emmener en vacances aux Seychelles et à Tahiti. Ils savaient réparer la machine à laver et les prises de
courant.
Après avoir bien étudié toutes les annonces, nous nous disions qu'en fin de compte, nous n'avions pas besoin de mari car la liberté, c'est ce qu'il y a de plus beau au monde. Mais qu'un
correspondant, ce serait super chouette. Pour recevoir des lettres. Elle aimait autant que moi recevoir des lettres mais personne ne nous écrivait. A force de faire mes yeux en trou de
pipe, je finis par trouver une annonce pas comme les autres. Un prisonnier cherche une correspondante.
Birgit trouve l'idée intéressante. Tellement intéressante, qu'elle me dit : "Ecris-lui, toi".
'Oui, pourquoi pas. Je suis d'accord. Je vais lui écrire.' Et c'est comme ça que je rédigeai ma première missive. C'était la première fois de ma vie que je mettais l'adresse d'une prison
sur une enveloppe.
La lettre partit le jour même.
La semaine suivante, j'eus droit à une réponse.
Birgit était aussi surprise que moi que la réponse arrive aussi vite. Il était d'accord pour continuer la correspondance. C'est alors que je commençai à avoir peur. S'il était en prison,
c'est parce qu'il avait fait quelque chose de pas clair. Avait-il tué quelqu'un? Volé? Vendu de la drogue? Un bandit de grand chemin qui avait vendu son père et sa mère? Un violeur?
Maintenant qu'il connaissait mon adresse, sûr qu'il allait venir frapper à ma porte et vider mon appartement. On ne peut pas entreposer grand-chose dans 9 m2 mais quand même. J'en avais des
suées. Je ne dormais plus tranquille dans mon lit J'en fis part à Birgit.
'Combien de temps doit-il rester dedans?' 'Encore trois ans'. 'Trois ans? Tu auras le temps de changer d'adresse, parce qu'on n'a pas le droit de rester plus de trois ans ici'. Très
rassurante qu'elle était, Birgit.
Je ne savais pas quoi faire. Ecrire? Ne plus écrire? J'imaginais mon correspondant en train de se morfondre dans sa cellule, attendant de recevoir des nouvelles de l'extérieur. Alors que je
n'étais même pas à l'intérieur j'aimais bien recevoir des lettres. Je pris la décision de continuer la correspondance. Elle dura les trois ans de son séjour derrière les barreaux.
Il était quelqu'un que j'avais appris à connaître tout en ne l'ayant jamais vu en vrai.
Grâce aux échanges de photos, nous savions à quoi nous ressemblions. Quand il me fit part de son désir de venir me voir, sa sortie étant imminente, je n'avais pas voulu.
Dans sa toute dernière lettre se trouvait le poème ci-dessus.
Clic!
Par wolofi
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Publié dans : bissap
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