Lundi 30 novembre 2009
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Sur un air connu de presque tout le monde :
by Johnny Hallyday, 1962
Je suis devenue leur idole à la
vitesse de la lumière. Je savais qu'un jour, je deviendrai célèbre. C'est pourquoi je
m'étais entraînée six ans avant. Et pas n'importe où : au
Carnegie Hall de New York. Je n'étais pas encore très sûre de la justesse de
ma voix mais j'avais des ambitions. Je voulais pouvoir exprimer mes sentiments rien que par la magie de mes cordes vocales et des petits gestes qui marquent.
En route, le jour du grand rendez-vous, j'avais peur. Je ne me sens pas trop à l'aise. Peut-être me mettront-ils à la porte à peine que j'aurai ouvert la bouche ? Peut-être que j'aurai tellement
peur qu'aucun son ne sortira de ma gorge ? J'arrive en avance. J'ai tout le temps qu'il faut pour paniquer. C'est l'angoisse. Mais une volonté de plomb m'empêche de quitter le célèbre temple.
Je parviens à dévier la force qui me pousse à prendre mes jambes à mon cou en montant et descendant mille fois les escaliers. Il y a des portes à tous les étages et beaucoup de salles sont
occupées.
Je suis toujours là. Une dame appelle mon nom. Elle se met à son piano. Je fais des vocalises. Ça me ramène des années en arrière quand je faisais les chambres dans un hôtel du centre de Munich
lorsque j'avais mis le pied pour la première fois en Bavière et que j'entendais une chanteuse d'opéra travailler voix dans sa chambre. Il y avait des jours où j'avais envie de lui
couper le cou.
Je sens que je me débrouille pas mal. Quand la séance se termine, je regarde l'horloge. J'ai vocalisé pendant une heure entière ! Une vraie prof de chant du Carnegie Hall m'avait consacré une heure
de son inestimable temps pour me dire ensuite quelque chose qui me fit chaud au coeur, illumina ma journée ainsi que toutes celles d'après :
– Vous savez placer votre voix. Vous pouvez prendre des cours de chant.
J'avais le coeur en fête. Pour en faire profiter tout le monde, j'avais marché jusqu'à la Saint Paul's Cathedral. J'habitais sur le trottoir d'en face.
Mais toutes les cloches se mirent à tintinabuler quand Moussa me raconta, trois jours après que je lui ai donné la lampe à dynamo, comment il fut reçu chez lui, en rentrant du travail. Après avoir
éteint sa mobylette, il se dirigea vers la classe en plein air. Les enfants l'accueillirent en chantant en choeur :
– Merci, tonton Moussa. Et merci à notre idole Pauline.
J'avais dit à Moussa que ceux des enfants qui travailleront bien à l'école recevront une lampe à dynamo en cadeau. Une maman du village a dû entendre la nouvelle, car elle vient chez
Moussa accompagnée de ses deux enfants. En remettant à Moussa deux kilogrammes d'arachides, elle lui dit :
– Voici mes deux enfants. Je te les confie. Fais-les travailler.
La mini école de Moussa est en train de s'agrandir...
Il avait beaucoup apprécié le concert a-cappella surprise. Trop mignons, les élèves de Falokh.