Mardi 13 octobre 2009
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C'est la mienne.
Après presque 3 ans de longue patience et de soins tellement pointus que ça m'avait guéri de rien du tout, l'essai ultime : le billard. Quand ils m'avaient dit que l'os au talon avait un morceau de
trop et qu'il fallait l'enlever, je me disais :"Chouette ! Je vais bientôt avoir des pieds de princesse et je chausserai taille 36 ou 37." Parce que dans ces tailles, il y a toujours eu des modèles
de chaussures qui m'avaient plu et que je ne voyais plus dans ma taille normale : 38 pour le pied droit. 37 pour le pied gauche. Si vous pensez que je suis mal foutue, dites-le tout doucement et
très vite. Mais que je ne l'entende surtout pas. Sinon, je vous montre quelques prises de self-défense de ma fabrication.

Le jour de l'opération et trois jours après, mon pied était relativement joli à regarder, si on ferme un oeil sur les fils, les
croûtes de sang, la couleur rouge orange du badigeon de l'opération ainsi que la couleur noir violet foncé. Ils avaient dû en donner des coups de marteau, sur mon pauvre pied pendant que j'étais
dans les vapes !
Puis le talon s'était mis à gonfler quelque chose de bien. 'Voilà mon pied qui est devenu bon pour la poubelle.' En plus, ça faisait mal. J'avais remplacé une douleur par une autre douleur. Mais
toujours au même endroit. La poisse, quoi !
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Elle a fait peur à beaucoup de monde, ma jambe. Les gens n'étaient pas habitués à me voir en béquilles. Quand Georges, mon voisin de quartier, a téléphoné pour me demander si je voulais aller
faire un tour avec lui, j'ai dit tout de suite : 'Oui, oui. Avec joie.' Sans lui donner plus de détails.
Lorsqu'il m'a vue sur la place de l'église avec mes béquilles, ça lui a fichu un coup. Georges est un homme charmant, la gentillesse personnifiée. Toujours souriant et serviable, le coeur sur
la main. Prêt à aider son prochain comme lui-même. Il vient du Liban. Mais vit à Munich depuis la nuit des temps. Après avoir étudié à Berlin, il a eu la bonne idée de venir se poser en Bavière
où j'ai pu le rencontrer.
La promenade jusqu'au Jardin anglais à pied fut donc remplacée par une visite boulangerie-pâtisserie où il m'invita à manger tous les gâteaux que je voulais. Si nous
avions été en France, j'aurais vidé toute la pâtisserie. Mais comme l'action se passait à Munich, je me suis contentée d'une tarte aux fraises.
Une tarte qui n'arrivait pas à devenir meilleure malgré les gros yeux que je lui faisais. Ce n'est pourtant pas difficile de faire des bonnes tartes ou des bons gâteaux. Pourquoi les
soi-disant professionnels de la pâtisserie font des gâteaux que je n'arrive pas à manger?
Le pied, en ce mois d'octobre, n'est pas encore complètement guéri. Sans que ce soit la grosse douleur, je sens que j'ai un pied. En espérant que la situation s'améliorera bientôt, parce que
j'aimerais bien refaire du jogging.
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Haglundferse
Abracadabra