Lundi 25 janvier 2010
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Ndiass, mon petit gamin de 9 ans, aime les récitations qu'on lui apprend à l'école. Dans son livre de lecture, à la fin, elles sont toutes là, celles qu'il a déjà apprises et celles qu'il
apprendra. Parmi elles, je vois un beau poème de Jacques Prévert : Le cancre. Je le lui lis. 'Est-ce que tu comprends tout ?' Son visage me dit que non. Alors, je le lui explique. Ça lui
plaît beaucoup. Depuis, chaque fois que nous prenons son livre de lecture, il ouvre à la page du 'cancre' et il me dit : 'Lis-moi ici.' Il pourrait le faire très très bien lui-même. C'est
seulement qu'il aime ma façon de lire son poème préféré du moment.
Mon gamin n'a pas toujours des notes entre 7 et 10. Mais il sait très bien pourquoi : 'Watur, dafa panne" (La voiture était en panne). Il y a deux jours, il m'a dit au téléphone qu'il avait
eu 7 et 8 et même 10 sur 10. Souhaitons-lui de flotter dans ces eaux-là jusqu'au mois de Juin...
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Le cancre
Il dit non avec la tête,
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ceux qu'il aime,
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur
Jacques Prévert
Emile Lelouch
On le reconnaît facilement : il parle fort pour entraîner le reste de la classe, il rit bien volontiers, quelquefois même sans raison, simplement pour qu'on le remarque.
Si un des élèves a une indisposition, il est le premier à dire "Monsieur, j' peux l'accompagner à l'infirmerie?" Il est partant pour tous les coups, pourvu qu'il remue.
Tout le monde a connu «son cancre», moi le premier, mais il n'est pas toujours celui qu'on croit.
L'histoire que je vais vous raconter est authentique.
De nombreuses années, après avoir enseigné la musique dans une collège réputé difficile, je me suis promené dans la galerie d'un supermarché.
Un homme, d'une trentaine d'années, est sorti de son magasin en me faisant signe de venir vers lui. J'avais trouvé le geste familier, mais néanmoins, je me suis approché: c'était «le
cancre».
Je l'ai d'abord dévisagé, avec curiosité, intrigué par le personnage qu'il était devenu, mon regard se posa, ensuite, sur les rayonnages de son magasin. Il y avait des CD, et de nombreux
appareils pour écouter la musique. En regardant plus attentivement dans la vitrine, j'ai vu que mes CD occupaient une place d'honneur, avec la mention Les disques du mois.
Il m'a
simplement dit : "Vous savez, je faisais semblant de ne pas écouter, mais depuis que je vous ai rencontré, je ne peux plus vivre sans la musique."
Dieu avait posé la main sur lui, et je n'avais rien vu.
Finalement, «le cancre», c'était peut-être moi...
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"The dunce"
It is easily recognized: it speaks highly to train the rest of the class, he laughs readily, sometimes even without reason, we just noticed,
If a student has an indisposition, he was the first to say "Sir, J'peux accompany him to the hospital? It is therefore all the blows, as it moves,
Everyone has known his "dunce" me first, but it is not always that thought,
The story I will tell you is genuine,
Many years, having taught music in a college deemed difficult, I walked the aisles of a supermarket,
A man of thirty years, came out of his shop making me sign of coming toward him,
I found the familiar gesture, but I approached it was the "dunce"
I first watched with curiosity, intrigued by the character he had become, my eyes landed on the shelves of his shop, there were CDs and many devices to listen to music,
He simply said "You know, I pretend not to listen, but since I met you, I can not live without music"
God had laid hands on him, and I did not see anything,
Finally, the "dunce" was me...
Emile Lelouch
Exit
Par wolofi
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