Vendredi 25 décembre 2009
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Ousseynou, je l'avais rencontré la première fois au marché, pas loin de la pharmacie du Soleil et devant les boutiques d'artisanat, sur la route qui mène à l'hôtel Coco Beach en longeant
l'ancienne préfecture et les Eaux et Forêts.
Je parlais avec quelqu'un quand Ousseynou apparaît dans mon champ de vision et m'adresse la parole. A son visage, l'on pouvait voir qu'il a toujours soif. Aujourd'hui il a déjà un coup dans
l'aile alors qu'il n'était qu'aux environs de midi. Nous étions en train de nous parler quand sa main s'éloigne doucement de son corps pour se poser sur ma tête et caresser mes cheveux.
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Son geste me surprend. C'est la première fois que quelqu'un me caresse les cheveux en plein marché sous le soleil de midi ! Mon garde du corps qui passe par hasard dans le coin à ce moment-là
sur son scooter voit le geste d'Ousseynou et arrête son engin tout à côté de nous. Je suis vraiment étonnée de le voir.
Il y a du monde au marché. Comment a-t-il pu nous repérer et apparaître comme par magie ? Il est très bref avec Ousseynou :
– Laisse les cheveux !
Ousseynou le regarde. Ousseynou est de taille moyenne et ne doit pas faire plus de 50 kg. Mon bodyguard est un formidable poids lourd. Si Ousseynou n'est pas bien épais, il est téméraire.
Il regarde XXXL le plus droit possible dans les yeux. Puis, il recommence à me caresser les cheveux. A ce moment-là, paf ! la main du baraqué atterrit sur la joue d'Ousseynou. Une gifle
pas trop forte pour ne pas l'envoyer dans les pommes; mais assez forte pour lui enlever ses envies. L'incident est clos. Le groupe formé très rapidement se disloque et chacun retourne à ses
occupations.
Environ deux ans après, je rencontre Ousseynou dans le centre ville, près de la station pompe du croisement de Kaolack. Il vient à ma rencontre.
– Tu te rappelles de moi ? On s'était rencontrés au marché.
Comme il avait l'air disponible, j'en profite pour lui glisser quelques conseils sympas dans le creux de l'oreille : qu'il devrait fumer moins et qu'un peu de gym lui ferait le plus
grand bien.'
Plusieurs mois plus tard, nouvelle rencontre dans la rue, pas loin du terrain de foot, tout près de sa maison. Moi qui le prenais pour un sans domicile fixe, j'ai dû revoir mes opinions sur
lui. Il m'invite à entrer dans sa concession. Comme il était un peu pompette, je me disais que la courte visite allait durer des heures, temps que je n'avais pas à ce moment-là. Etre capable de
dire 'Je n'ai pas de temps en Afrique' : c'est sûrement moi la plus malade de la tête d'Ousseynou et moi. Mais bon.
Je n'ai pas pénétré dans sa concession. Nous sommes restés sur le bord de la route pour parler un peu. Il se souvenait de mes conseils qu'il suivait fidèlement. Je n'avais qu'à ouvrir
les yeux et à admirer : Ousseynou tangait un peu à droite, un peu à gauche. Comme nous étions tout au bord de la route, je me préparais à l'agripper fermement au cas où il aurait eu la
mauvaise idée de se renverser en arrière, sur la chaussée.
Je marchais avec Ndiass le long de la chaussée, là où c'est en pente et que si on ne fait pas attention, on se tord les chevilles et on dégringole la pente pour se retrouver peut-être sous les
roues d'une charrette puisque c'est 'leur' route. Nous marchions donc d'un côté de la chaussée quand j'entends 'Hey ho hey ho'. Pour moi, c'était tout le monde qu'on appelait, donc personne et
certainement pas moi. Je continue d'avancer sans prêter attention à celui qui appelait. Mais Ndiass me dit : 'Il y a quelqu'un qui t'appelle'. Je zyeute. C'est Ousseynou. Il me fait
signe de traverser. Certainement qu'il n'est pas très sûr sur ses deux jambes.
Nous traversons. Ousseynou :
– Je veux te donner quelque chose.
Et il commence à farfouiller dans ses poches. Il en retire deux petites pièces. 5 CFA et 10 CFA. Il prend la pièce de 10 FCFA.
– C'est pour toi.
– Ousseynou, tu crois que je pourrai m'acheter une belle paire de chaussures avec 10 CFA ?
Il faisait chaud ce jour-là. Le soleil de 14h tape fort.
– Tu pourras t'acheter de la menthe fraîche.
C'est bien la première fois qu'un homme du Sénégal me donne de l'argent. Un homme très gentil malgré qu'il soit souvent pompette.
Finalement, grâce à la gifle du marché, nous sommes devenus des amis, Ousseynou et moi.
Exit
Par wolofi
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Publié dans : bissap
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